Українська та зарубіжна поезія

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ODE À LA POÉSIE (extrait)

longues longues les annees mouillees de vent
je touchais la dernière berge la dernière bouche
bouches seules comme le miracle de l’origine
imbibees de sève et de ciel voix dans la chapelle
un dieu reposait derrière la lourde porte labourait
le jour ô cicatrices je viens pour m’arrêter
sur des sables adores parmi des visages reconnus
devoradon des derniers dieux chancelants
de la Crète deux bouches et deux tombeaux
je viens pour alleger la memoire d’une morte
sables qui forment les sables ô nuit qui laves
l’âme infinie tels qu’epaule contre epaule nous
nous eveillons en de si vieux vaisseaux
pauvre cœur chagrin baigne de pluie ainsi
les choses infinies furent et au creux d’un mur
vois je mets nues mes mains sur des tombes humaines
univers en son abîme si proche des pavots noirs
où je crie sont dieux plus nombreux que dans l’histoire
ce sont les pas du soir dans la plus grande eglise desert
des hommes ô berge où je repris ma marche
peux-tu me reconnaître sous l’averse ah je disais
mesanges mouettes mesanges orph
elines est-ce vivre mais quelle histoire à suivre
les ailes d’anges douces-amères des pleurs collent
l’âme sur les lèvres ô clapotis des rencontres
un pardon marque l’humain au flanc creuse
ô navire murmurant pour les âmes secondes
les yeux redisent un fragile savoir dans de vagues
jouets je vis un simulacre de larmes au front
richesse ancienne de la rumeur d’une peine mais
à la prochaine heure sera une autre peine
sera un autre cri et une larve du vide
comme un sejour dans le cercle j’ai demande le
souvenir et c’est plein de mutismes tout peut être
eloigne par le vent en un cœur errant
est-ce mourir quand on arrache l’ombre d’un visage
dans une rue d’où emane un gaz automnal
est-ce mourir au-dessus des tombes des enfants
il est une barque blanche dans la nuit sainte qui vogue
yeux des morts ah yeux brises chanson des yeux brises
repose voix de sœur qui doucement chut en neige de
signes
ombres des noyes
ds n’ont plus de vêtements diurnes sur le chemin de
vieux
jardins de vieux mouchoirs ferment leurs bouches
et ma solitude fit un pas dit Rilke et plus
encore avec la longue corniche des annees chaque
jour sur les yeux d’enfants s’abattent des eclats d’obus
viens ai-je murmure toi qui sembles etouffer quelqu’un
6 poignee d’ombre moi seul ne peux t’oublier j’ai
appris
à reconnaître les pleurs d’un enfant parmi tous les autres
quand bien même ils pleurent tous ensemble quand
bien même
nous pleurons, tous ensemble j’entends une difference
de solitude ah c’est une fin profonde en soi ô moi que
je crie
fleurs que je cueillis quelque pierre qui me blesse encore
en moi est le goût du sang comme on a le goût du
gouffre
mes bras fous ô ma tête existe-t-il un chant qui ne soit
pas
chant de la mort des enfants existe-t-il une prière
qui ne soit pas une barque vide est-ce là le goût exact
de la chose terre ecoute tout fut massacre jusqu’à l’au-
delà
de la mer une immense fosse qu’emplissent des papiers
froisses

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ODE À LA POÉSIE (extrait) - MATHIEU BeNeZET