Українська та зарубіжна поезія

Вірші на українській мові



D’autres planètes VÉNUS

On avance le long de strates analogues aux fibres du
bois, butant, maladroits, sur des nids, des nœuds, des
failles. La terre suppure une espèce de sève où ce qui
s’aventure s’englue et se fait digerer vivant. Le ciel a
des couleurs violentes, fiel, fièvre pourpre. Les fleuves
n’existent pas. On ne voit que des lacs, qui disparais-
sent le soir, aspires dans leur entonnoir, et que l’aube
un peu hâve recrache comme des glaires au fond d’un
pot. Drôles de lacs! On ne voudrait pas y tenter la
brasse. Drôle de monde. D’entre les fibres du sol, un
peu partout, surgissent des psoques, des gamases,
enormes, etourdiment, et qui laissent, sur leur passage,
des salissures de pensees envieuses.


D’autres planètes VÉNUS - CLAUDE MICHEL CLUNY