Українська та зарубіжна поезія

Вірші на українській мові



L’ÉCHIQUIER

Sa vie etait l’echiquier
d’une partie où le temps roque
joue par lui dans chacun de ses actes
le mat invisible commence
Un tremblement de case sous sa peau
et c’est l’amble du cavalier
qui ne pardonne pas ses fautes
ses faux pas et ses faux-semblants
Couleur d’octobre furieux
il galope dans son œil droit
saute par-dessus son regard
et le renverse dans la fosse
Sereinement la reine survole
ses nuits et detecte ses songes
proies où plonge son bec d’aigle
images mortes qu’elle ronge
Fouet du fou noir en sa tête
chaque coup eclipse un soleil
le fou blanc change sa memoire
en nœud gordien de l’oubli
De son sceptre le roi le touche
et ses veines rampent vers lui
vipères du corps qu’il envoûte
et qui le mordent du dedans
Ensemble les pions s’avancent
essaim aveugle dans son sang
dans la ruche du cœur amassent
la cire noire du neant
Quatre tours montent dans ses membres
et les cimentent pierre à pierre
clouent ses gestes bouchent ses sens
leur mur enclôt toute lumière
C’est la reine blanche qui donne
le coup de grâce de l’echec
son bec arrache le dernier
lambeau de couleur à son spectre
Sur l’echiquier de son corps
il ne reste plus qu’une case
espace obscur où sans visage
prend place une pièce – sa mort.


L’ÉCHIQUIER - CHARLES DOBZYNSKI
«